En bref. Sur les douze derniers mois mesurés (du 25 octobre 2025 au 19 octobre 2026), mes deux Zendure Hyper 2000 ont restitué 1 260 kWh à la maison, avec un rendement de 77 %. Au prix de mon kWh (0,1927 € TTC), la batterie me fait économiser environ 237 € par an, et l'ensemble Zendure (batteries et panneaux du jardin) environ 267 € par an, pour 4 155 € de matériel : un temps de retour d'environ 16 ans.
La batterie travaille à plein de mars à septembre, au point de saturer l'été. En plein hiver, elle ne sert presque à rien. Et une batterie virtuelle n'aurait pas fait mieux : je l'explique chiffres à l'appui en section 5.
1. L'installation en une minute
- Toit : 3 kWc, micro-onduleurs Enphase, orientation Ouest / Sud-Ouest, en service depuis juin 2024.
- Stockage : deux Zendure SolarFlow Hyper 2000 avec deux batteries AB2000S chacune, soit quatre batteries de 1,92 kWh et 7,68 kWh au total. J'avais commandé des AB2000 ; ce sont des AB2000S qui ont été livrées. Commandés le 1er décembre 2024, en service au plus tard en janvier 2025.
- Jardin : depuis fin août 2025, deux panneaux bifaciaux Zendure de 505 Wc, orientés Est / Sud-Est, branchés en entrée solaire directe, un par Hyper 2000.
- Pilotage : la batterie charge dès que la maison commence à injecter vers le réseau, et se décharge quand la maison consomme plus que ce que produisent les panneaux.
- Contrat : TotalEnergies, option Base (pas d'heures creuses). Pas de contrat de revente du surplus : trop de démarches pour quelques euros par an. Ce que j'injecte ne me rapporte donc rien.
Tout le détail des capteurs (Shelly Pro 3 EM au compteur, Emporia Vue, portail Enphase) est sur la page mon installation instrumentée.
2. Ce que la batterie stocke vraiment
| Mois | Chargé | dont panneaux du jardin | Restitué | Rendement |
|---|---|---|---|---|
| Nov. 2025 | 43,7 kWh | 15,1 | 27,5 kWh | 63 % |
| Déc. 2025 | 26,8 | 10,3 | 14,2 | 53 % |
| Janv. 2026 | 37,8 | 13,5 | 23,8 | 63 % |
| Févr. | 64,8 | 23,5 | 48,9 | 75 % |
| Mars | 168,0 | 58,0 | 133,4 | 79 % |
| Avr. | 193,0 | 70,9 | 148,0 | 77 % |
| Mai | 183,2 | 63,7 | 146,6 | 80 % |
| Juin | 219,9 | 70,4 | 169,0 | 77 % |
| Juil. | 224,7 | 72,4 | 167,4 | 74 % |
| Août | 198,3 | 74,0 | 161,6 | 82 % |
| Sept. | 181,5 | 59,7 | 148,4 | 82 % |
| Oct. (au 19) | 78,5 | 27,6 | 61,5 | 78 % |
| 12 mois* | 1 632 kWh | 564 | 1 260 kWh | 77 % |
* Du 25 octobre 2025 au 19 octobre 2026, fin octobre 2025 comprise (11,9 kWh chargés, 9,7 kWh restitués).
Trois enseignements :
- Un rendement de 77 % sur l'année, entre 75 et 82 % de février à octobre. Pour 100 kWh mis dans la batterie, j'en récupère 77 côté maison. Le reste part en pertes de conversion et en consommation propre des appareils.
- L'hiver, le rendement s'effondre (53 à 63 %). Quand la batterie travaille peu, ses pertes fixes pèsent plus lourd. S'y ajoute une calibration automatique mensuelle : la batterie se recharge à fond la nuit depuis le réseau pour recaler son niveau de charge. Le 6 janvier 2026, elle a ainsi chargé de minuit à 5 h 35, environ 9 kWh sur un mois qui en compte 38. Sur l'année, ces charges nocturnes représentent une trentaine de kWh (estimation d'après les graphiques journaliers).
- Les panneaux du jardin pèsent un tiers de la charge : 564 kWh sur 1 632. Ils ont produit 718 kWh sur la période ; le reste est parti directement vers la maison.
Rapporté à la production totale des douze mois (3 199 kWh sur le toit, 718 kWh au jardin), la batterie a restitué un tiers de ce que produisent mes panneaux.
3. Été, mi-saison, hiver : quatre journées types
Les captures ci-dessous viennent de la vue « Jour » de l'application Zendure : à gauche, la puissance (au-dessus de zéro, la batterie se décharge ; en dessous, elle se charge) ; à droite, le niveau de charge.
Été (18 juillet 2026) : la batterie sature
La batterie est pleine dès le début de l'après-midi. À partir de là, tout le surplus du toit part sur le réseau, sans rien me rapporter. C'est la limite estivale de l'installation : en été, c'est la capacité qui manque, pas le soleil. La chute brève à 0 % vers 21 h est vraisemblablement un défaut d'affichage de l'application : le niveau remonte aussitôt.
Fin d'été (7 septembre 2026) : le cycle idéal
C'est la journée où la batterie est le mieux dimensionnée : elle se remplit presque entièrement, ne déborde pas, et rend son énergie toute la soirée.
Mi-saison (11 mars 2026) : un demi-cycle
À la mi-saison, la batterie ne monte jamais à 100 %. La production suffit à couvrir une partie de la soirée, pas plus. Les mois de mars et d'avril restent pourtant parmi les plus utiles de l'année (133 et 148 kWh restitués).
Hiver (2 janvier 2026) : presque rien
Avec deux pompes à chaleur, la maison consomme en hiver tout ce que produisent les panneaux, au moment où ils le produisent. Il n'y a pas de surplus à stocker. Ajouter des batteries n'y changerait rien.
Pourquoi je laisse la batterie restituer en fin de journée plutôt qu'à midi, et ce que ça change pour le réseau : je l'ai détaillé dans pourquoi je décale mon injection de 13 h à 16 h, en lien avec les prix négatifs de l'électricité.
4. Ce que ça rapporte
Le calcul est simple parce que je n'ai pas de contrat de revente : chaque kWh restitué par la batterie est un kWh que je n'achète pas, et le kWh stocké ne m'aurait rien rapporté s'il était parti sur le réseau.
| Sur 12 mois | kWh | € |
|---|---|---|
| Énergie restituée par la batterie | 1 260 | |
| − charges nocturnes de calibration, achetées au réseau (estimation) | − 30 | |
| = kWh solaires restitués | 1 230 | 237 € |
| + production du jardin envoyée directement à la maison (estimation : 718 − 564) | 154 | 30 € |
| Économie annuelle de l'ensemble Zendure | ≈ 1 385 | ≈ 267 € |
- Coût du matériel : 3 796 € TTC pour les deux Hyper 2000 et les quatre batteries (décembre 2024), 359 € pour les deux panneaux du jardin (août 2025). Total : 4 155 €.
- Temps de retour : 4 155 € ÷ 267 € ≈ 16 ans, à prix du kWh constant. Si l'électricité augmente, il raccourcit ; si elle baisse, il s'allonge.
- Ce que je ne sais pas encore : si les batteries tiendront seize ans. Je n'ai que deux ans de recul.
La première version de mon article sur le décalage de l'injection estimait l'économie à 80-150 € par an, en supposant un contrat de revente du surplus et un kWh à 0,24 €. Sans revente, et avec une année complète de mesures, le chiffre réel est plus élevé ; l'article a été corrigé le 19 octobre 2026.
5. Et avec une batterie virtuelle ?
C'est la question que pose mon article batterie virtuelle : prix et fonctionnement. Voici la réponse avec mes chiffres plutôt qu'avec des hypothèses. Tout ce qui suit est une estimation : je n'ai jamais souscrit de batterie virtuelle.
| Option | À l'entrée | Gain annuel | Bilan 10 ans | Bilan 20 ans |
|---|---|---|---|---|
| Urban Solar (1,20 € TTC/kWc/mois, 0,111 €/kWh récupéré) | 299 € | ≈ 15 € | ≈ − 150 € | ≈ 0 € |
| mylight150 MyBattery (1,90 €/kWc/mois, 0,109 €/kWh récupéré) | 279 € | ≈ 40 €* | ≈ + 110 €* | ≈ + 500 €* |
| Mon ensemble Zendure (mesuré) | 4 155 € | ≈ 267 € | ≈ − 1 485 € | ≈ + 1 185 €** |
Urban Solar : économie de 0,0817 € par kWh récupéré (0,1927 − 0,1110), moins l'abonnement de 43 €/an, moins le surcoût de son kWh Base (0,2001 € contre 0,1927 €) sur le reste de ma consommation, qui serait plus élevée sans batterie physique (environ 7 550 kWh achetés par an au lieu de 6 171). L'écart d'abonnement mensuel n'est pas compté. * mylight150 : hors écart de prix de fourniture, sa grille de prix du kWh n'étant publiée qu'en image. ** si les batteries durent vingt ans, ce que je ne peux pas garantir.
Ce que je retiens :
- Sur dix ans, aucune option n'est vraiment rentable chez moi. La batterie virtuelle coûte presque rien à l'entrée mais rapporte peu, parce que chaque kWh récupéré coûte encore 11 centimes et qu'il faut changer de fournisseur. La batterie physique rapporte six à seize fois plus par an, mais demande 4 155 € d'avance.
- Mes chiffres réels sont très loin des exemples théoriques. L'exemple 3 kWc de l'article batterie virtuelle supposait 40 % de la production consommée sur place, sans batterie. Chez moi, sans batterie, ce serait environ 60 % (1 280 kWh de surplus sur 3 199 kWh produits par le toit), et 93 % avec. La maison consomme beaucoup, le surplus est faible, et c'est précisément ce qui rend toute forme de stockage peu rentable.
- La batterie physique fait autre chose que de l'argent. Elle évite d'injecter au pic de midi, ce qu'une batterie virtuelle ne change pas : l'électricité part sur le réseau au même moment, seule la facturation est différée.
6. Ce qui ne va pas, et ce que je referais
Les problèmes que j'ai eus
- Une charge forcée que je ne pouvais pas arrêter. Les Zendure sont passés d'eux-mêmes en mode charge forcée, et l'application ne permettait pas d'en sortir. Pour arrêter la charge, j'ai dû les couper électriquement et retirer le Hyper 2000, posé comme un chapeau sur sa pile de batteries. Le problème est résolu depuis.
- Des mises à jour compliquées, autour de décembre 2025 et janvier 2026, aujourd'hui résolues.
- Un historique perdu : l'application ne me montre plus rien avant le 25 octobre 2025. Pour quelqu'un qui veut suivre son installation dans la durée, c'est un vrai défaut.
- La calibration nocturne : une fois par mois, la batterie se recharge depuis le réseau pendant la nuit. Ça ne coûte presque rien sur l'année, mais en plein hiver, c'est une bonne partie de ce qu'elle restitue. Je n'ai trouvé aucun moyen de la désactiver ni de la décaler à un jour ensoleillé.
- La dépendance à l'application et au cloud du fabricant pour suivre et régler la batterie. Je n'ai pas trouvé de plugin pour la piloter depuis ma domotique Jeedom.
Ce que je referais
En été, la batterie sature dès le début d'après-midi : de la capacité en plus servirait de mai à août. En hiver, elle ne servirait à rien. La piste que je garde est donc celle annoncée sur mon lab : une batterie de plus par stack, et seulement si son prix rapporté au kWh restitué en plus tient la route.
Est-ce que je referais le même achat aujourd'hui ? Je ne sais pas. La batterie sert, je le vois tous les jours de mars à septembre. Mais seize ans de retour, c'est loin.
7. Pour qui c'est rentable, pour qui non
- Rentable plus vite si vous avez un vrai surplus en journée toute l'année (maison vide le jour, peu de chauffage électrique), un kWh cher, et pas de contrat de revente : chaque kWh stocké compte alors plein pot.
- Peu rentable si, comme moi, vous consommez déjà presque toute votre production sur place, et surtout si votre consommation est concentrée en hiver. La batterie travaille alors sept mois sur douze.
- À éviter si vous attendez un retour en moins de dix ans : chez moi, il en faudra environ seize.
Pour situer la batterie domestique parmi les autres formes de stockage, voir mon panorama du stockage d'énergie.
8. Questions fréquentes
La Zendure Hyper 2000 est-elle rentable sur 3 kWc ?
Pas vite. Chez moi, elle restitue 1 260 kWh par an et me fait économiser environ 237 € par an ; avec les panneaux du jardin branchés dessus, l'ensemble économise environ 267 € par an, pour 4 155 € de matériel : environ seize ans de retour, à prix du kWh constant. Avec plus de surplus en journée, ce serait plus court.
Peut-on brancher un panneau solaire directement sur la Hyper 2000 ?
Oui. J'ai un panneau de 505 Wc branché en entrée solaire directe sur chacun de mes deux Hyper 2000. Sur douze mois, ces deux panneaux ont fourni un tiers de l'énergie chargée dans les batteries.
Quel est le rendement réel de la batterie ?
77 % sur douze mois mesurés : 1 632 kWh chargés, 1 260 kWh restitués. Entre 75 et 82 % de février à octobre, mais seulement 53 à 63 % en hiver, quand la batterie travaille peu.
La batterie fonctionne-t-elle en cas de coupure réseau ?
Non. En cas de coupure, la Hyper 2000 cesse de fournir du courant : c'est voulu, pour ne pas renvoyer de tension sur le réseau pendant qu'un technicien intervient dessus. Pour un secours en cas de coupure, il faut une installation conçue pour fonctionner isolée du réseau, ce que la mienne n'est pas.