Un tournant, et une règle simple
Tout le monde traverse, un jour, un moment où le sol bouge un peu sous les pieds. Le mien est arrivé fin 2025. Plutôt que de raconter ce qui s'est terminé, je préfère parler de ce qui commence - c'est la seule partie sur laquelle j'ai vraiment la main.
Concrètement, piloter veut dire produire des preuves de résilience tangibles, pas des intentions : du code qui tourne, des clients réels, des factures émises. J'ai organisé ce rebond autour de deux axes très différents et volontairement complémentaires - la sauvegarde d'un côté, la boutique de jeux de l'autre.
Une continuité de plus de dix ans, pas un départ de zéro
RDEM Systems n'est pas une création ex nihilo : la SASU existe depuis 2016, avec une antériorité bien plus ancienne en entreprise individuelle. C'est donc le successeur naturel de cette activité - derrière le changement de structure, il y a une histoire continue, et surtout des clients qui me font confiance depuis plus de dix ans. Ils se reconnaîtront - et je les en remercie sincèrement : cette fidélité, c'est le socle sur lequel tout le reste s'appuie.
Même pendant les périodes où l'activité tournait en sommeil, en parallèle d'autres engagements, elle n'a jamais cessé : les missions ont continué, avec un chiffre d'affaires tout à fait acceptable pour une structure comme la mienne. C'est précisément ce qui rend la relance de 2026 crédible : je ne rallume pas une machine froide, je remets les gaz sur quelque chose qui n'a jamais vraiment calé.
Axe 1 - Nimbus Backup : transformer un savoir-faire en produit
Le projet central s'appelle Nimbus Backup : du Proxmox Backup Server as a service. L'idée est de prendre une techno de sauvegarde que je maîtrise et de la rendre accessible « clé en main » - sans demander au client de devenir administrateur système.
À la base, l'offre est du PBS pur : on sauvegarde des environnements Proxmox VE, proprement, avec stockage redondé en France. C'est le cœur du service - celui qui répond à un vrai besoin et qui trouve déjà ses clients, comme ce client australien dont je reparle plus bas.
Le détour Windows : un pari sur moi-même
Le déclic est venu d'un ami. Il avait commandé du Nimbus - du PBS, donc - et une fois la commande passée, il lâche, l'air de rien : « …et pour mettre du Windows ? ». Là, deux options. Soit je lui réponds gentiment qu'il est mal barré. Soit je cherche à lui sauver la mise, à en rigoler un peu, et surtout à comprendre la brique Windows. J'ai choisi la deuxième - et tant qu'à faire, je me suis posé la question qui change tout : pourquoi ne pas en faire un outil capable de générer du P2V ?
Le défi technique, lui, est apparu tout de suite : comment fiabiliser Proxmox Backup Server sur du Windows ? L'écosystème PBS est pensé pour Linux ; côté poste Windows, il fallait un client propre, robuste, qui ne casse pas au premier antivirus venu.
J'aurais pu rester sur le terrain confortable du PBS pur, sous Linux. J'ai fait le choix inverse : aller chercher le Windows précisément parce que c'est plus dur. Le temps que j'y ai passé est énorme - et soyons honnêtes, ça ne rapporte rien financièrement pour l'instant. C'est avant tout un pari sur moi-même : me prouver que je sais fiabiliser PBS là où on ne l'attend pas. Mais c'est exactement le genre de défi qui me fait avancer.
C'est exactement ce que je construis avec NimbusBackupClient, le client de sauvegarde Windows du projet. Un exemple concret de ce travail de fiabilisation : la gestion des faux positifs antivirus, un grand classique pour tout exécutable qui lit le disque et chiffre des données. La prochaine étape sur ce front sera sans doute de signer l'exécutable avec un certificat, pour couper court aux alertes des antivirus.
Le kiff technique : viser le P2V
Au-delà du besoin immédiat, il y a une cible qui me fait vraiment vibrer : arriver à terme à un outil de P2V (Physical-to-Virtual). L'idée : sauvegarder une machine physique, puis pouvoir la restaurer directement en machine virtuelle sur un nœud Proxmox VE. La sauvegarde ne sert plus seulement à se rassurer - elle devient un chemin de migration et de reprise d'activité. C'est ce genre d'objectif qui rend les soirées de dev faciles.
Les retours qui valident
Ce qui me conforte, ce sont les signaux venus de l'extérieur, et de plus loin que prévu :
- des échanges avec des contacts de plusieurs pays - un CTO américain, mais aussi des contacts italiens (notamment pour un portage sur Windows 7) et polonais - qui m'ont remonté des edge cases auxquels je n'avais pas pensé : exactement le type de retour qui muscle un produit, et la preuve que le besoin Windows est bien réel ;
- un client australien en Proxmox VE - pas du Windows, cette fois, mais un client nimbus.rdem-systems.com « pur » : la preuve qu'un besoin de sauvegarde PVE bien faite ne connaît pas de frontière, et qu'un service né dans le Val-d'Oise peut servir à l'autre bout du monde.
Axe 2 - un coup de main local, pas que de la tech
Piloter son rebond, ce n'est pas s'enfermer derrière un terminal. En parallèle de Nimbus, j'ai donné un coup de main à un collègue commerçant pontoisien, comme moi : j'ai monté le site Dynamite Games Pontoise, une boutique de jeux rétro à deux pas de chez moi - un vrai trésor pour qui a grandi manette en main (j'en parle aussi côté souvenirs dans cet article).
Et parce qu'un site sans vie ne sert à rien, on a enchaîné sur l'organisation d'un jeu concours pour l'été. Les coulisses sont racontées ici :
- Le lancement du site Dynamite Games Pontoise (côté RDEM Systems) ;
- Le concours de l'été 2026 ;
- Le partenariat vu côté boutique.
Ça peut sembler éloigné de la sauvegarde Proxmox, mais c'est la même logique : rendre service, livrer du concret, et tisser un réseau local sur lequel on peut s'appuyer.
Piloter, pas subir
Voilà l'état d'esprit de cette relance de 2026. Un tournant n'est pas une fin : c'est une bifurcation, et le volant reste entre mes mains. Nimbus Backup grandit retour client après retour client, RDEM Systems reprend de l'élan, et le réseau local s'étoffe. Rien de tout ça n'était écrit fin 2025 - tout ça s'est décidé.