Richard DEMONGEOT Blog
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La plongée sous-marine : une passion mise entre parenthèses

Du niveau 1 à 12 ans jusqu'au niveau 3 à 20 ans, la plongée a rythmé ma vie pendant des années. Puis il y a eu Pontoise, la région parisienne, la vie qui s'accélère, et cette passion qui attend patiemment que je lui fasse de nouveau une place.

Plongeur évoluant dans une grotte sous-marine
Photo : NEOM via Unsplash

Un parcours de plongeur FFESSM

J'ai découvert la plongée sous-marine à 12 ans, en passant mon niveau 1 FFESSM. À cet âge, on ne mesure pas vraiment ce qu'on est en train de vivre : on enfile une combinaison, on respire sous l'eau, et ça devient naturel. Comme si on avait toujours su le faire.

Niveau 1 - 12 ans

Première certification, premières bulles. Plongée encadrée dans la zone des 20 mètres.

Club à Carry-le-Rouet

Niveau 2 - 16 ans

Autonome jusqu'à 20 mètres, autorisé jusqu'à 40 mètres avec un encadrant. Une vraie liberté sous l'eau.

No Limit Plongée

Niveau 3 - 20 ans

Autonome jusqu'à 60 mètres. Le niveau qui ouvre toutes les portes de la plongée loisir en France.

ADAMS Plongée

Le niveau 3, c'est le graal du plongeur amateur. Autonome dans la zone des 60 mètres, on peut organiser ses plongées, choisir son parcours, gérer sa décompression. Une responsabilité qui se mérite et qui transforme l'activité.

Anecdote IUT : Pendant mes études, il fallait passer le niveau 1 pour obtenir un 14 en sport. Cette année-là, j'ai passé mon niveau 3. Comme tout étudiant, les entraînements piscine n'étaient pas vraiment ce que je préférais — par contre les sorties en mer, ça oui.
Fun fact : L'instructeur qui m'a formé pour le niveau 3 chez ADAMS avait également participé à la formation de mon père, des années auparavant. La plongée, une histoire de transmission.

Une passion familiale

La plongée n'a jamais été une activité solitaire pour moi. C'est un sport que j'ai partagé avec ma famille : mon père est niveau 3, ma sœur a obtenu son niveau 2. Les sorties en mer, c'était souvent en famille, avec ce plaisir de partager les mêmes sensations sous l'eau.

Les départs se faisaient depuis deux ports principaux :

Point névralgique : 109, Avenue de la Madrague

C'est à cette adresse, à Marseille, que nous allions gonfler les blocs avant les départs de la Pointe Rouge. Un passage obligé, le rituel avant chaque sortie en mer.

Les dimanches matin à Marseille

Quand je vivais à Aix-en-Provence, la plongée faisait partie de mon rythme de vie. Une plongée par semaine, le dimanche matin. Départ d'Aix vers 7h, arrivée à la Pointe Rouge vers 8h, quand le soleil se lève sur les calanques.

Ce que je retiens : l'odeur du néoprène, le bruit du compresseur qui remplit les blocs, les discussions techniques sur le bateau, et ce moment suspendu quand on bascule en arrière pour entrer dans l'eau.

Marseille, c'est un terrain de jeu exceptionnel pour un plongeur. Les épaves, les tombants, la faune méditerranéenne, la visibilité qui peut être exceptionnelle certains jours. Et cette lumière si particulière quand on remonte vers la surface.

Les spots de la région marseillaise

La rade de Marseille et la Côte Bleue offrent une diversité de sites incroyable : plus de 50 spots de plongée et près de 200 épaves recensées, dont plusieurs avions de la Seconde Guerre mondiale.

La Côte Bleue (départ Carry-le-Rouet)

Entre La Couronne et Niolon, la Côte Bleue propose des plongées accessibles et protégées. La proximité de la réserve marine de Carry garantit une vie sous-marine abondante.

Le Parc National des Calanques (départ Pointe Rouge)

C'est ici que se trouvent les plongées les plus emblématiques de Marseille. L'île du Planier, l'île Maïre, l'archipel de Riou... des noms qui font rêver tout plongeur méditerranéen.

Le Liban

Vapeur de 91 m coulé en 1903, entre 32 et 36 m. L'épave la plus plongée de Marseille, au pied de l'île Maïre.

Les Pharillons

Deux arches poissonneuses et un tombant magnifique, au sud de l'île Maïre. Une plongée mythique.

Le Messerschmitt BF 109

Chasseur allemand abattu en 1944, posé à 42 m au pied du Planier. Recouvert de gorgones rouge-or.

Le Junker 88

Bombardier allemand de 1943, à 31 m près du Planier. Cockpit et instruments encore visibles.

Le Messerschmitt : une histoire de pilote

Le 7 mars 1944, Hans Fahrenberger décolle pour intercepter des B-17 américains. Touché, il amerrit et rejoint l'île du Planier à la nage grâce à son parachute. Recueilli le lendemain par un patrouilleur allemand, il survécut à la guerre. Son avion, lui, repose toujours par 42 mètres de fond, devenu refuge pour congres, murènes et langoustes.

Pontoise : la parenthèse qui dure

Puis il y a eu le déménagement à Pontoise, en région parisienne. Pas de mer à proximité, une vie qui s'organise différemment. L'arrivée de mon fils peu après a naturellement redistribué les priorités. Les week-ends ont changé de forme.

Les contraintes du plongeur francilien

Pour plonger depuis la région parisienne, il faut soit rejoindre un club qui organise des sorties (souvent en fosse ou en carrière), soit prévoir des week-ends entiers pour descendre sur la côte. Avec des astreintes professionnelles régulières, l'équation devient compliquée.

Le matériel dort dans un placard. Le détendeur mériterait une révision. Et pourtant, à chaque fois que je vois la mer, à chaque reportage sur les fonds marins, ce manque revient.

Fun fact : Ma combinaison sur mesure — cadeau de mes 18 ou 19 ans — dort toujours chez mes parents. Elle est en bon état, et en 2024 j'ai réussi à la remettre. Ça ne veut pas dire qu'elle m'allait parfaitement, mais ça veut dire qu'il y a encore de l'espoir.

Reprendre un jour ?

La question revient régulièrement : est-ce que je reprends en club ? Il existe des structures en Île-de-France, notamment du côté de Pontoise, qui proposent des entraînements en fosse et des sorties organisées.

Depuis un an, j'ai repris ma santé en main. J'ai perdu du poids et je suis repassé sous la barre des 100 kg — un seuil que je n'avais pas connu depuis des lustres. Est-ce que cette reprise en main me permettra d'espérer une reprise de la plongée ? L'idée fait son chemin.

Mais reprendre la plongée, c'est aussi accepter de bloquer du temps, de s'engager sur une régularité que mon emploi du temps actuel rend difficile. Les astreintes, les week-ends où il faut rester joignable, c'est difficilement compatible avec une sortie en mer à plusieurs heures de route.

Pour l'instant, la plongée reste une parenthèse. Pas fermée, juste en suspens. En attendant de retrouver ce silence si particulier qu'on n'entend que sous l'eau, ponctué uniquement par le bruit de ses propres bulles.