Un parcours de plongeur FFESSM
J'ai découvert la plongée sous-marine à 12 ans, en passant mon niveau 1 FFESSM. À cet âge, on ne mesure pas vraiment ce qu'on est en train de vivre : on enfile une combinaison, on respire sous l'eau, et ça devient naturel. Comme si on avait toujours su le faire.
Niveau 1 - 12 ans
Première certification, premières bulles. Plongée encadrée dans la zone des 20 mètres.
Club à Carry-le-Rouet
Niveau 2 - 16 ans
Autonome jusqu'à 20 mètres, autorisé jusqu'à 40 mètres avec un encadrant. Une vraie liberté sous l'eau.
No Limit Plongée
Niveau 3 - 20 ans
Autonome jusqu'à 60 mètres. Le niveau qui ouvre toutes les portes de la plongée loisir en France.
Le niveau 3, c'est le graal du plongeur amateur. Autonome dans la zone des 60 mètres, on peut organiser ses plongées, choisir son parcours, gérer sa décompression. Une responsabilité qui se mérite et qui transforme l'activité.
Une passion familiale
La plongée n'a jamais été une activité solitaire pour moi. C'est un sport que j'ai partagé avec ma famille : mon père est niveau 3, ma sœur a obtenu son niveau 2. Les sorties en mer, c'était souvent en famille, avec ce plaisir de partager les mêmes sensations sous l'eau.
Les départs se faisaient depuis deux ports principaux :
- Carry-le-Rouet : pour mes débuts (niveau 1), puis avec ADAMS pendant mes années d'étudiant à Aix
- La Pointe Rouge : les sorties avec mon père et ma sœur, au départ de Marseille
Point névralgique : 109, Avenue de la Madrague
C'est à cette adresse, à Marseille, que nous allions gonfler les blocs avant les départs de la Pointe Rouge. Un passage obligé, le rituel avant chaque sortie en mer.
Les dimanches matin à Marseille
Quand je vivais à Aix-en-Provence, la plongée faisait partie de mon rythme de vie. Une plongée par semaine, le dimanche matin. Départ d'Aix vers 7h, arrivée à la Pointe Rouge vers 8h, quand le soleil se lève sur les calanques.
Marseille, c'est un terrain de jeu exceptionnel pour un plongeur. Les épaves, les tombants, la faune méditerranéenne, la visibilité qui peut être exceptionnelle certains jours. Et cette lumière si particulière quand on remonte vers la surface.
Les spots de la région marseillaise
La rade de Marseille et la Côte Bleue offrent une diversité de sites incroyable : plus de 50 spots de plongée et près de 200 épaves recensées, dont plusieurs avions de la Seconde Guerre mondiale.
La Côte Bleue (départ Carry-le-Rouet)
Entre La Couronne et Niolon, la Côte Bleue propose des plongées accessibles et protégées. La proximité de la réserve marine de Carry garantit une vie sous-marine abondante.
- Le Sécan : au large de Carry, descente dans le bleu jusqu'à 35 m, éboulis rocheux riche en faune
- Le Petit et Grand Mornas : deux roches peu profondes, accessibles à tous niveaux
- Beaume Rousse : jusqu'à 28 m, belles ambiances au milieu de blocs rocheux
Le Parc National des Calanques (départ Pointe Rouge)
C'est ici que se trouvent les plongées les plus emblématiques de Marseille. L'île du Planier, l'île Maïre, l'archipel de Riou... des noms qui font rêver tout plongeur méditerranéen.
Le Liban
Vapeur de 91 m coulé en 1903, entre 32 et 36 m. L'épave la plus plongée de Marseille, au pied de l'île Maïre.
Les Pharillons
Deux arches poissonneuses et un tombant magnifique, au sud de l'île Maïre. Une plongée mythique.
Le Messerschmitt BF 109
Chasseur allemand abattu en 1944, posé à 42 m au pied du Planier. Recouvert de gorgones rouge-or.
Le Junker 88
Bombardier allemand de 1943, à 31 m près du Planier. Cockpit et instruments encore visibles.
Le Messerschmitt : une histoire de pilote
Le 7 mars 1944, Hans Fahrenberger décolle pour intercepter des B-17 américains. Touché, il amerrit et rejoint l'île du Planier à la nage grâce à son parachute. Recueilli le lendemain par un patrouilleur allemand, il survécut à la guerre. Son avion, lui, repose toujours par 42 mètres de fond, devenu refuge pour congres, murènes et langoustes.
Pontoise : la parenthèse qui dure
Puis il y a eu le déménagement à Pontoise, en région parisienne. Pas de mer à proximité, une vie qui s'organise différemment. L'arrivée de mon fils peu après a naturellement redistribué les priorités. Les week-ends ont changé de forme.
Les contraintes du plongeur francilien
Pour plonger depuis la région parisienne, il faut soit rejoindre un club qui organise des sorties (souvent en fosse ou en carrière), soit prévoir des week-ends entiers pour descendre sur la côte. Avec des astreintes professionnelles régulières, l'équation devient compliquée.
Le matériel dort dans un placard. Le détendeur mériterait une révision. Et pourtant, à chaque fois que je vois la mer, à chaque reportage sur les fonds marins, ce manque revient.
Reprendre un jour ?
La question revient régulièrement : est-ce que je reprends en club ? Il existe des structures en Île-de-France, notamment du côté de Pontoise, qui proposent des entraînements en fosse et des sorties organisées.
Depuis un an, j'ai repris ma santé en main. J'ai perdu du poids et je suis repassé sous la barre des 100 kg — un seuil que je n'avais pas connu depuis des lustres. Est-ce que cette reprise en main me permettra d'espérer une reprise de la plongée ? L'idée fait son chemin.
Mais reprendre la plongée, c'est aussi accepter de bloquer du temps, de s'engager sur une régularité que mon emploi du temps actuel rend difficile. Les astreintes, les week-ends où il faut rester joignable, c'est difficilement compatible avec une sortie en mer à plusieurs heures de route.
Pour l'instant, la plongée reste une parenthèse. Pas fermée, juste en suspens. En attendant de retrouver ce silence si particulier qu'on n'entend que sous l'eau, ponctué uniquement par le bruit de ses propres bulles.